Berlin, 9 novembre

de Pierre Bourgeade

Berlin, 9 novembre 1989

Deux personnages au bord d’un précipice. Rudolf et Wolfgang sont dans l’équilibre du bouleversement. Leur dialogue connait deux niveaux : celui-ci, ordinaire, qui tente l’échange de paroles et d’informations et celui-là, plus sourd, intérieur, propre à chacun d’eux et qui est celui de la confrontation de leurs contradictions les unes contre les autres. La violence de l’évènement qui se passe au-dessus de la tête de Rudolf et Wolfgang est forte. Leur tension l’est également. Le fil ordinaire de leur vie se rompt. Qu’advient-il quand C’EST réel, que notre monde de fiction s’écroule ou semble s’écrouler. Quelle aliénation choisir ? Quelle idéologie, quel parti ? Quel rêve, quelle vie aussi… ?  A l’instar d’autres œuvres bien connues de Jean-Paul Sartre et d’Albert Camus, Berlin 9 novembre 1989 de Pierre Bourgeade est une pièce du cas de conscience.

2024, nous sommes 35 plus tard

Une page semble être définitivement tournée. Pourtant, alors que le monde fête l’anniversaire de la chute du mur de Berlin, d’autres murs se construisent aux Etats-Unis, en Israël, en Russie, aux frontières de l’Europe et même en son sein… La menace de guerre est partout. L’exclusion afin de garantir la sécurité se traduit dans les faits et dans les discours.

Extrait : 

Pan pan pan pan pan pan pan pan ! Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept balles dans la nuque... Ah, c’est rafraîchissant !... Au XXe siècle, la balle dans la nuque, c’est vraiment la conclusion logique du raisonnement… la véritable fontaine de jouvence où se retrouve perpétuellement le pouvoir qui lui assure, sur toutes les oppositions de l’esprit, une prééminence absolue !... « Un adversaire mort ne ressuscite jamais » : Staline, œuvres complètes, tome soixante-quatre, chapitre quarante-trois, septième paragraphe, ligne quatre. J’étais un excellent élève. Un peu de café ?...